TL;DR
- →Ligne directe et partenaires : de 3 à 30 % en Wallonie et à Bruxelles, de 3 à 27 % en Flandre.
- →Abattements : 12 500 € ou 25 000 € en Wallonie, 15 000 € à Bruxelles, 75 000 € de biens mobiliers pour le partenaire en Flandre.
- →Logement familial : exonéré sous conditions pour le conjoint et le cohabitant légal survivants, et en Flandre pour le cohabitant de fait après trois ans.
- →Région compétente : celle où le défunt a vécu le plus longtemps pendant ses cinq dernières années.
- →Délai : 4 mois pour déclarer un décès survenu en Belgique, puis 2 mois pour payer.
- →ETF hérités : pas de taxe de 10 % au décès, mais l'héritier reprend la valeur de référence du défunt.
Qu'est-ce qui détermine le montant de vos droits de succession ?
Trois éléments fixent la facture : la Région, le lien de parenté et le montant reçu. La Région est celle où le défunt a vécu le plus longtemps pendant les cinq années précédant son décès. Le domicile des héritiers ne compte pas, et un déménagement de dernière minute ne change rien, comme le rappelle notaire.be.
Les taux sont progressifs : chaque tranche a son propre taux. Ils s'appliquent à la part nette de chaque héritier, c'est-à-dire à sa part après déduction des dettes et des frais funéraires admis. Répartir un patrimoine entre plusieurs héritiers réduit donc en général l'impôt total.
Quels sont les taux en ligne directe et entre partenaires en 2026 ?
Ce barème vise les enfants, les parents, les petits-enfants, les grands-parents, le conjoint et le cohabitant légal. Le tableau rassemble les tranches publiées par notaire.be pour les trois Régions, qui ne sont pas découpées de la même façon.
| Tranche de la part nette | Wallonie | Bruxelles | Flandre |
|---|---|---|---|
| Jusqu'à 12 500 € | 3 % | 3 % | 3 % |
| 12 500 à 25 000 € | 4 % | 3 % | 3 % |
| 25 000 à 50 000 € | 5 % | 3 % | 3 % |
| 50 000 à 100 000 € | 7 % | 8 % | 9 % |
| 100 000 à 150 000 € | 10 % | 9 % | 9 % |
| 150 000 à 175 000 € | 14 % | 9 % | 9 % |
| 175 000 à 200 000 € | 14 % | 18 % | 9 % |
| 200 000 à 250 000 € | 18 % | 18 % | 9 % |
| 250 000 à 500 000 € | 24 % | 24 % | 27 % |
| Au-delà de 500 000 € | 30 % | 30 % | 27 % |
La Flandre applique une règle propre : en ligne directe et entre partenaires, le barème s'applique séparément à la part mobilière et à la part immobilière de chaque héritier. Wikifin donne cet exemple : un enfant qui reçoit une maison de 200 000 € et un portefeuille de 45 000 € paie 16 350 €, contre 19 050 € sans cette séparation.
Quels abattements réduisent la facture ?
- Wallonie : la première tranche de 12 500 € est exonérée pour la ligne directe, le conjoint et le cohabitant légal. Une seconde tranche de 12 500 € l'est aussi si la part nette ne dépasse pas 125 000 €.
- Bruxelles : la première tranche de 15 000 € est exonérée pour les mêmes héritiers.
- Flandre : le partenaire survivant ne paie rien sur la première tranche de 75 000 € de biens mobiliers, sauf s'il est aussi un parent en ligne directe du défunt. Test-Achats cite ce cas : sur 100 000 € de biens mobiliers, 2 250 € de droits.
- Enfants de moins de 21 ans : abattement de 2 500 € par année restante en Wallonie et à Bruxelles ; réduction de 75 € par année pleine restante en Flandre, à demander dans la déclaration.
Voici ce que paie un enfant majeur qui hérite uniquement de biens mobiliers, hors logement familial, dettes et réductions particulières.
| Part nette reçue | Wallonie | Bruxelles | Flandre |
|---|---|---|---|
| 100 000 € | 4 750 € | 5 050 € | 6 000 € |
| 200 000 € | 17 250 € | 16 300 € | 15 000 € |
| 500 000 € | 86 250 € | 85 300 € | 87 000 € |
Calculs Klaro à partir des barèmes de notaire.be. Aucune Région n'est la moins chère dans tous les cas : le classement change avec le montant. La méthode retrouve l'exemple wallon cité par notaire.be et Test-Achats, soit environ 2 388 € pour un enfant qui reçoit 66 250 €.
Le logement familial échappe-t-il aux droits de succession ?
Pour le partenaire survivant, oui, sous conditions, d'après Wikifin (avril 2026) :
- Wallonie : conjoint et cohabitant légal, si le logement était la résidence principale du couple depuis au moins cinq ans.
- Bruxelles : conjoint et cohabitant légal, sans durée de cohabitation imposée.
- Flandre : conjoint, cohabitant légal et cohabitant de fait après trois ans de vie commune ininterrompue.
Les enfants ne sont pas exonérés. En Flandre, ils paient le tarif normal. En Wallonie et à Bruxelles, un tarif réduit s'applique à leur part du logement si le défunt y avait sa résidence principale depuis au moins cinq ans. Au-delà de 250 000 €, les taux rejoignent le barème normal. À Bruxelles, notaire.be précise que la valeur prise en compte est plafonnée à 250 000 €.
| Part de l'habitation | Wallonie | Bruxelles |
|---|---|---|
| Jusqu'à 25 000 € | 1 % | 2 % |
| 25 000 à 50 000 € | 2 % | 2 % |
| 50 000 à 100 000 € | 5 % | 5,3 % |
| 100 000 à 175 000 € | 5 % | 6 % |
| 175 000 à 250 000 € | 12 % | 12 % |
Combien paient un frère, un neveu ou un ami ?
L'écart avec la ligne directe est très important. Pour 100 000 € reçus par un seul héritier, sans abattement particulier, nous obtenons les montants suivants à partir des barèmes de notaire.be.
| Héritier de 100 000 € | Wallonie | Bruxelles | Flandre |
|---|---|---|---|
| Frère ou sœur | 35 625 € | 33 125 € | 34 500 € |
| Oncle, tante, neveu ou nièce | 40 625 € | 42 500 € | 40 500 € |
| Sans lien de parenté | 58 125 € | 50 000 € | 40 500 € |
Les taux maximaux atteignent 65 % pour les frères et sœurs en Wallonie et à Bruxelles, 70 % pour les oncles, tantes, neveux et nièces, et 80 % pour les autres personnes. En Flandre, le plafond est de 55 %, et Test-Achats classe les oncles, tantes, neveux et nièces dans la catégorie « autres ». Pour cette catégorie, le taux flamand s'applique au total des parts avant répartition entre les héritiers : plusieurs bénéficiaires ne réduisent donc pas l'impôt comme ailleurs.
Depuis le 1er janvier 2026, la Flandre permet aussi à une personne seule, sans partenaire ni descendants, de léguer jusqu'à 100 000 € par testament à 3 % sur les premiers 50 000 € et 9 % sur le solde. Sur 100 000 €, Test-Achats arrive à 6 000 € au lieu de 40 500 €. L'ancien « héritage entre amis » n'est plus accessible, sauf testament rédigé avant 2026.
Le cohabitant de fait doit vérifier sa situation avec un notaire. En Flandre, notaire.be l'assimile au cohabitant légal pour le barème après un an de vie commune. À Bruxelles, notaire.be et Wikifin n'indiquent pas la même durée pour l'accès aux taux favorables.
Que change la réforme wallonne annoncée pour 2028 ?
Rien pour l'instant : les règles actuelles restent applicables. Un décret de décembre 2024 prévoyait notamment un taux maximal de 15 % en ligne directe à partir de 2028. En octobre 2026, le gouvernement wallon a annoncé une autre formule, décrite par Test-Achats et notaire.be :
- les 75 000 premiers euros de la part nette seraient exonérés pour chaque héritier en ligne directe ;
- les taux actuels resteraient applicables au-delà, jusqu'à 30 % ;
- aucun taux ne dépasserait 50 % pour les autres héritiers.
KBC précise, le 19 octobre 2026, que ces décisions n'ont pas encore été intégrées dans un décret. D'après Test-Achats, cette formule profiterait surtout aux petits héritages. Elle serait moins favorable que le texte de 2024 pour les parts élevées et les héritiers éloignés. Ces chiffres peuvent encore évoluer.
Quels délais respecter après un décès ?
La déclaration de succession doit être déposée dans les 4 mois pour un décès en Belgique, 5 mois pour un décès ailleurs en Europe et 6 mois hors d'Europe, selon le SPF Finances. Elle part au SPF Finances pour Bruxelles et la Wallonie, et à l'administration fiscale flamande pour la Flandre. Le notaire peut s'en charger.
Le retard coûte 25 € par mois et par héritier. Les droits doivent être payés dans les 2 mois qui suivent la fin du délai de dépôt, puis un intérêt de 7 % par an s'applique. Une prolongation du délai de dépôt se demande avant son expiration et ne repousse pas l'échéance de paiement. Si le défunt résidait en Belgique, ne laissait aucun immeuble et qu'aucun droit n'est dû, les héritiers peuvent demander une dispense de déclaration.
Que se passe-t-il pour des ETF ou un compte-titres hérités ?
Les titres entrent dans la part mobilière de l'héritier et subissent les droits de succession. Le décès ne déclenche toutefois pas la taxe de 10 % sur les plus-values : le point 83 de la circulaire 2026/C/74 écarte les transferts pour cause de mort.
La vente ultérieure change la donne. D'après le point 127, la plus-value de l'héritier se calcule à partir de la valeur d'acquisition du défunt. Pour un titre acheté avant 2026, le point 156 retient en principe sa valeur au 31 décembre 2025.
Prenons un ETF valant 100 000 € au 31 décembre 2025, 120 000 € au décès et revendu 130 000 € par l'enfant. Les droits portent sur 120 000 €, mais la plus-value retenue est de 30 000 € avant franchise, et non de 10 000 €. La loi exonère par ailleurs la plus-value née d'une sortie d'indivision intervenue dans les trois ans du décès : à examiner avec un notaire si vous héritez à plusieurs. Si le compte se trouve à l'étranger, notre guide sur la déclaration d'un compte de courtier étranger rappelle les obligations fiscales de base.
Peut-on préparer sa succession pour réduire ces droits ?
Oui, avec des outils légaux. Une donation enregistrée fixe l'impôt au moment du don, alors qu'une donation non enregistrée peut revenir dans la succession si le donateur décède dans les cinq ans. Le testament peut aussi réorganiser les parts ou, en Flandre, utiliser le tarif réduit des personnes seules. Notre guide que faire avec un héritage aborde la suite, une fois les droits payés.
Cet article informe et ne remplace pas un notaire, un conseiller fiscal ou un conseiller financier agréé. Les montants calculés ici sont des illustrations : le régime matrimonial, les dettes, les donations antérieures et les réductions particulières peuvent les modifier.