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Guide pratique — Épargne sécurisée

Bons d'État Belges 2026 : émission de mars, fiscalité et alternatives

Depuis le succès retentissant du bon d'État Van Peteghem en septembre 2023 (21,9 milliards d'euros levés, un record européen), les bons d'État sont redevenus un placement familier pour des centaines de milliers d'épargnants belges. L'État émet désormais quatre fois par an. Voici comment fonctionne le bon d'État, ce que proposait l'émission de mars 2026, sa fiscalité réelle et dans quels cas il bat un compte d'épargne réglementé ou un ETF monétaire.

Mis à jour : avril 2026 — Sources : Agence Fédérale de la Dette, SPF Finances, Test-Achats Invest, Le Vif Mon Argent, Wikifin.

TL;DR

  • Un bon d'État est un titre de créance émis par le Royaume de Belgique. Vous prêtez à l'État, qui vous verse un coupon annuel fixe et rembourse 100 % du capital à l'échéance.
  • Émission de mars 2026 : 2,00 % brut à 1 an (1,40 % net) et 2,80 % brut à 8 ans (1,96 % net), précompte mobilier de 30 % retenu à la source.
  • Souscription gratuite via le SPF Finances (bonsdetat.be) ou via votre banque (parfois avec frais de garde 0,10 à 0,20 %/an).
  • Comparatif : sous 1 020 €/an d'intérêts, un compte épargne réglementé reste fiscalement plus avantageux. Au-delà, le bon d'État ou un ETF monétaire € deviennent compétitifs.
  • Profils gagnants : capital > 100 000 €, recherche d'un taux fixe long, refus du compte étranger ou de la complexité ETF.
  • Prochaine émission attendue : début juin 2026, conditions communiquées environ deux semaines avant l'ouverture des souscriptions.

Comment fonctionne un bon d'État belge ?

Un bon d'État (en néerlandais staatsbon) est un titre de créance émis par le Royaume de Belgique via l'Agence Fédérale de la Dette. Concrètement, vous prêtez de l'argent à l'État belge en échange d'un coupon annuel fixe et du remboursement intégral de votre capital à l'échéance. Le bon est nominatif et intransmissible avant échéance — sauf revente sur le marché secondaire d'Euronext Brussels.

Trois éléments à retenir avant tout achat. Premièrement, le coupon est fixe : il est verrouillé pour toute la durée de vie du titre, contrairement au taux d'un compte d'épargne qui bouge à tout moment. Deuxièmement, l'État belge émet désormais quatre fois par an (début mars, juin, septembre et décembre) depuis 2024, ce qui vous laisse plusieurs fenêtres de souscription chaque année. Troisièmement, le montant minimum est de 100 € et l'achat se fait par tranches du même montant, ce qui rend le produit accessible.

À noter : le bon d'État se distingue de l'OLO (Obligation Linéaire), qui s'adresse aux investisseurs institutionnels avec des montants minimums élevés. Le bon d'État est spécifiquement conçu pour les particuliers belges.

L'émission de mars 2026 en détail

Le 4 mars 2026, l'État belge a émis deux nouveaux bons d'État, souscrits du 23 février au 3 mars 2026 (jusqu'au 2 mars via les Grands-Livres rattachés au SPF Finances). Voici les deux titres proposés :

Bon d'État 1 an

2,00 % brut

soit 1,40 % net après précompte mobilier

Échéance : 4 mars 2027

ISIN : BE3871310400

Verrouille un taux pour 12 mois — alternative au compte à terme.

Bon d'État 8 ans

2,80 % brut/an

soit 1,96 % net/an après précompte mobilier

Échéance : 4 mars 2034

ISIN : BE3871311416

Protège contre une baisse future des taux. 8 coupons annuels.

Le coupon de 2 % à 1 an se compare à un compte d'épargne réglementé belge moyen, qui plafonne aujourd'hui autour de 0,8 à 1,5 % chez les grandes banques (taux de base + prime de fidélité combinés). Le bon à 8 ans, lui, joue sur l'effet de duration : si la BCE baisse ses taux directeurs dans les prochaines années, vous conservez un coupon de 2,80 % brut jusqu'en 2034.

Prochaine émission attendue : début juin 2026. Les conditions exactes (maturités proposées et coupons) sont communiquées environ deux semaines avant l'ouverture des souscriptions, sur debtagency.be et bonsdetat.be.

Comment souscrire : les deux canaux

Canal 1 — Le SPF Finances (gratuit)

Via le service des Grands-Livres rattaché au SPF Finances, vous pouvez ouvrir un compte-titres dédié aux bons d'État sur bonsdetat.be. L'ouverture se fait via itsme. Aucun frais : ni à l'ouverture, ni de garde annuelle, ni au remboursement. Le coupon et le capital sont automatiquement versés sur votre compte bancaire de référence aux échéances.

C'est l'option la plus économique. Inconvénient mineur : il faut souscrire pendant la fenêtre primaire (10 jours environ) ; après, vous devrez passer par votre banque ou un courtier pour acheter sur le marché secondaire.

Canal 2 — Votre banque

Toutes les grandes banques belges proposent les bons d'État : KBC, Belfius, BNP Paribas Fortis, ING, Argenta, vdk, Crelan, Beobank, Deutsche Bank, MeDirect, Keytrade Bank… Avantage : interface familière, intégration au compte-titres existant. Inconvénient : la plupart facturent des frais de garde (souvent 0,10 à 0,20 %/an) qui réduisent un rendement déjà modeste. Vérifiez la grille tarifaire avant de signer.

Fiscalité belge des bons d'État

C'est le point le plus souvent mal compris. Les bons d'État ne bénéficient d'aucune exonération fiscale spécifique : l'épisode du précompte mobilier réduit à 15 % en septembre 2023 était une mesure exceptionnelle, votée ponctuellement par le ministre Vincent Van Peteghem pour stimuler la concurrence bancaire. Toutes les émissions suivantes sont revenues au précompte standard de 30 %.

Précompte mobilier sur le coupon

30 %, retenu à la source par votre banque ou par le SPF Finances. C'est une retenue libératoire — vous n'avez rien à déclarer en plus dans votre IPP.

TOB à la souscription primaire

0 %. Les bons d'État sont exonérés de taxe sur les opérations boursières quand vous les achetez directement à l'émission.

TOB sur le marché secondaire

0,12 % à l'achat et à la vente, plafonnée à 1 300 € par opération. Applicable si vous achetez ou revendez le bon en bourse après l'émission.

Plus-value à l'échéance

Aucune plus-value : le capital est remboursé exactement au prix nominal (100 €). Donc aucune taxe sur le capital remboursé à l'échéance.

Cas plus subtil : si vous revendez votre bon avant l'échéance sur le marché secondaire, vous pouvez réaliser une plus-value (si les taux ont baissé) ou une moins-value (si les taux ont monté). La plus-value d'un titre obligataire revendu par un particulier en gestion normale de patrimoine était traditionnellement exonérée d'impôt en Belgique. Avec l'introduction de la TCA (taxe sur les plus-values boursières) en 2026, vérifiez votre situation avec un comptable si vous tradez activement vos bons.

Bon d'État vs compte épargne vs ETF monétaire

Trois produits, trois logiques. Voici comment les départager selon votre situation.

CritèreBon d'État (mars 2026)Compte épargne réglementéETF monétaire €
Rendement brut2,00 % fixe (1 an) / 2,80 % fixe (8 ans)0,50 à 2,00 % variable (taux de base + prime de fidélité)≈ 2,0 à 2,5 % suivant l'€STR (avril 2026)
Précompte mobilier30 % sur chaque coupon, retenu à la sourceExonéré jusqu'à 1 020 €/pers./an, puis 15 % sur l'excédent30 % sur la plus-value (taxe Reynders si ≥ 10 % obligations) + TCA éventuelle
Frais0 € via le SPF Finances ; 0,10-0,20 %/an de frais de garde possible en banque0 €TER 0,07-0,15 %/an + frais broker (TOB 0,12 % à l'achat)
LiquiditéFenêtre de souscription primaire, revente sur marché secondaire ensuiteImmédiate, sans pénalitéImmédiate sur les jours d'ouverture des bourses européennes
Protection du capitalDette de l'État belge (Aa3 / AA-) — pas de garantie des dépôtsGarantie des dépôts 100 000 € / banque / déposantTitres ségrégués (UCITS), pas de garantie d'État
Idéal pourVerrouiller un taux fixe ; diversifier au-delà de 100 000 € en banqueLiquidités courantes, fonds d'urgence ≤ 50 000 €Cash en attente d'investissement, profil un peu plus dynamique

Verdict global. Pour des montants ≤ 50 000 € environ (qui génèrent moins de 1 020 € d'intérêts par an et par personne), un compte d'épargne réglementé reste fiscalement le plus avantageux grâce à l'exonération du précompte mobilier. Au-delà, le bon d'État devient compétitif — surtout sur la version 8 ans qui verrouille un taux. L'ETF monétaire (XEON, CSH2, ERNE) suit en temps réel les taux courts (€STR), ce qui le rend plus performant tant que les taux montent ou stagnent, mais moins protecteur en cas de baisse rapide des taux directeurs.

Pour qui les bons d'État sont-ils intéressants ?

Épargnant prudent dont le compte dépasse 100 000 €

Au-delà de 100 000 €, votre garantie des dépôts est saturée chez une seule banque. Le bon d'État permet de diversifier votre risque banque vers le risque souverain belge — sans pour autant ouvrir un deuxième compte épargne. C'est aussi une façon simple de lisser un capital reçu (héritage, vente immobilière, prime de départ) avant de l'allouer à plus long terme.

Investisseur qui veut figer un taux sur 8 ans

Le bon à 8 ans (1,96 % net) protège contre une baisse future des taux courts. Si la BCE baisse ses taux directeurs, votre coupon reste verrouillé jusqu'en 2034. C'est l'argument clé face à un compte épargne ou à un ETF monétaire — qui suivent au contraire les taux à la baisse.

Profil peu à l'aise avec les ETF et la fiscalité étrangère

Le bon d'État est un produit simple, passif, sans broker étranger, sans déclaration BNB ni taxe Reynders. L'achat via votre banque belge ou via le SPF Finances règle d'un coup la TOB (exonérée à la souscription primaire) et le précompte (retenu à la source). Idéal pour un parent ou grand-parent qui veut un placement visible et garanti.

Citoyen attaché à financer la dette publique belge

L'aspect symbolique n'est pas neutre : votre épargne finance directement le budget fédéral plutôt qu'un fonds international. C'est l'argument qui a porté les 21,9 milliards d'euros levés par le bon d'État Van Peteghem en septembre 2023 — un record européen pour une émission destinée aux particuliers.

Les trois risques à garder en tête

Risque de taux

Si les taux d'intérêt montent après votre souscription, votre bon perd de la valeur sur le marché secondaire. Pas un problème si vous le conservez jusqu'à l'échéance — vous récupérez 100 % du nominal — mais sensible si vous voulez le revendre avant.

Risque d'inflation

À 1,96 % net sur 8 ans, votre pouvoir d'achat ne progresse pas si l'inflation moyenne dépasse 2 %. La BCE cible 2 %, donc vous êtes proche du seuil de stagnation réelle. Sur le bon à 1 an (1,40 % net), le risque d'inflation négative est plus marqué.

Risque souverain belge

Aussi faible soit-il, le risque de défaut de l'État belge n'est pas nul. Le ratio dette publique sur PIB dépasse 105 % et fait l'objet d'une procédure de déficit excessif au niveau européen. La notation reste solide (Aa3 / AA-), mais inférieure à celle de l'Allemagne ou des Pays-Bas. Pour des capitaux importants, diversifier vers d'autres dettes souveraines AAA via un ETF obligataire euro peut faire sens.

Questions fréquentes

Depuis 2024, l'Agence Fédérale de la Dette émet des bons d'État chaque trimestre, début mars, début juin, début septembre et début décembre. La période de souscription dure une dizaine de jours avant la date d'émission. Les conditions exactes (durées proposées et coupons) ne sont communiquées qu'environ deux semaines avant l'ouverture des souscriptions, sur debtagency.be et bonsdetat.be. Pour 2026, après l'émission de mars (2 % à 1 an, 2,80 % à 8 ans), la prochaine est prévue début juin.
Très probablement non. Le précompte réduit à 15 % du bon d'État Van Peteghem de septembre 2023 était une mesure ponctuelle, votée pour stimuler la concurrence sur la rémunération de l'épargne. Toutes les émissions suivantes (décembre 2023, mars/juin/septembre/décembre 2024 et 2025, mars 2026) sont revenues au précompte standard de 30 %. À ce jour, aucun projet politique ne prévoit la réintroduction du taux réduit.
Le SPF Finances (bonsdetat.be) est gratuit à 100 % : aucun frais de souscription, aucun frais de garde annuel, et le remboursement à l'échéance se fait sur votre compte bancaire ordinaire. Une banque commerciale facture souvent 0,10 à 0,20 % par an de frais de garde sur le compte-titres, ce qui peut grignoter une part non négligeable du rendement net (déjà de 1,40 à 1,96 %). À niveau de risque égal, l'achat via le SPF est presque toujours plus rentable. La banque a néanmoins l'avantage de regrouper tous vos placements sur une seule interface.
Oui, les bons d'État sont cotés sur le marché secondaire d'Euronext Brussels après leur émission. Vous pouvez donner un ordre de vente via votre banque ou votre courtier. Le prix de revente dépend de l'évolution des taux : si les taux ont monté depuis votre souscription, vous revendrez probablement à perte ; s'ils ont baissé, vous pouvez réaliser une plus-value. Une TOB de 0,12 % s'applique à la transaction sur le marché secondaire (à l'achat comme à la vente).
Non, aucun placement n'est sans risque. Le bon d'État porte un risque souverain belge : si l'État belge faisait défaut, vous pourriez perdre tout ou partie de votre capital. Ce risque est faible (notation Aa3 chez Moody's, AA- chez Fitch), mais non nul. La dette publique belge dépasse 105 % du PIB et fait l'objet d'une procédure de déficit excessif au niveau européen. Le bon d'État est aussi soumis à un risque de taux (perte en capital si vous revendez avant l'échéance après une hausse des taux) et à un risque d'inflation : à 1,96 % net sur 8 ans, votre pouvoir d'achat stagne si l'inflation moyenne dépasse 2 %.

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